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CANDIDATURES

Vincent Marissal quitte Québec solidaire et se présente pour le PQ dans Taschereau

L'ex-député de Rosemont, exclu du caucus solidaire en novembre 2025, officialise sa candidature péquiste dans Taschereau, où il affrontera son ancien collègue Étienne Grandmont (QS).

25 août 2026·Équipe Le Québec Vote

L'ex-député de Rosemont, exclu du caucus solidaire en novembre 2025 après avoir négocié en secret avec le Parti québécois, a officialisé le 24 août sa candidature péquiste dans la circonscription de Taschereau, à Québec. Il y affrontera directement son ancien collègue de caucus Étienne Grandmont, dans un geste qui a suscité une importante couverture médiatique dès son annonce. Une rupture qui couvait depuis des mois L'annonce, faite le 24 août par le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, met fin à plusieurs mois d'incertitude sur l'avenir politique de Vincent Marissal. Ancien chroniqueur et journaliste devenu député de Québec solidaire dans Rosemont en 2018 — où il avait alors défait le chef péquiste de l'époque, Jean-François Lisée —, puis réélu en 2022, M. Marissal avait vu sa relation avec sa formation politique se détériorer au fil de la dernière année. Le point de rupture est survenu en novembre 2025, lorsque le caucus de Québec solidaire a voté à l'unanimité pour le suspendre, après avoir découvert qu'il menait des discussions avec Paul St-Pierre Plamondon en vue d'une éventuelle candidature péquiste. La co-porte-parole de QS, Ruba Ghazal, avait alors défendu la décision du parti en rappelant que « les citoyens doivent pouvoir compter sur des élus qui respectent le mandat qui leur a été confié » par les électeurs. M. Marissal avait pour sa part revendiqué un départ volontaire et livré une critique sévère de son ancienne formation, la qualifiant de parti « paralysé par sa base » et « complètement embourbé ». Il avait ensuite siégé comme député indépendant, laissant planer l'hypothèse d'une retraite politique, avant que le Parti québécois ne le convainque de se relancer en campagne. Un choix de circonscription hautement symbolique Le geste le plus marquant de cette annonce n'est pas tant le changement de parti que le choix de la circonscription. Plutôt que de tenter de reprendre son ancien siège montréalais de Rosemont, M. Marissal se présente à Taschereau, dans la région de la Capitale-Nationale — un siège détenu par Québec solidaire et actuellement représenté par le député sortant Étienne Grandmont, avec qui il a longtemps siégé au sein du même caucus. Ce choix transforme sa candidature en confrontation directe avec son ancien parti, sur un terrain où il n'a aucune racine électorale personnelle. Il succède d'ailleurs à la candidate péquiste initialement pressentie dans la circonscription, Jeanne Robin, qui s'était retirée pour des raisons personnelles. La course s'annonce à plusieurs voix : outre M. Marissal et M. Grandmont, l'avocat Farnell Morisset portera les couleurs du Parti libéral du Québec et Eliot Estévez-Verville celles du Parti conservateur du Québec. La Coalition avenir Québec n'avait pas encore, au moment d'écrire ces lignes, confirmé son propre candidat dans Taschereau. Le PQ met de l'avant l'expérience parlementaire Dans sa déclaration annonçant la candidature, Paul St-Pierre Plamondon a insisté sur le bagage politique de sa nouvelle recrue plutôt que sur la rupture avec QS. « Vincent, c'est un gars rigoureux, un parlementaire redoutable et un député qui s'investit dans chacun de ses dossiers », a-t-il déclaré, soulignant leur collaboration passée sur des dossiers de santé, notamment celui de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Le chef péquiste a également fait valoir que « la qualité de son travail a été reconnue par tous » et que « la profondeur de son expérience apportera énormément » à un éventuel gouvernement péquiste — une manière de présenter ce recrutement comme un renfort pour la gouvernance, au-delà du symbole électoral. De son côté, M. Marissal a justifié son choix en affirmant que « le changement existe au sein du Parti québécois » et en plaidant pour un rassemblement du mouvement souverainiste derrière cette formation, allant jusqu'à déclarer que « le Canada ne nous sert pas ». Un signal dans une course toujours serrée Cette candidature survient à un moment stratégique de la campagne : plusieurs sondages publiés ces dernières semaines, notamment par la firme Léger et par Synopsis pour La Presse, montrent le Parti québécois toujours en tête des intentions de vote, même si son avance semble s'effriter légèrement à l'approche du scrutin prévu le 5 octobre. Dans ce contexte, un transfert de personnalité connue entre partis rivaux prend un relief particulier, tant pour la couverture médiatique qu'il génère que pour le message qu'il envoie aux électeurs indécis de la gauche et du mouvement souverainiste. Pour Québec solidaire, la perte de M. Marissal — déjà douloureuse sur le plan interne en 2025 — se double maintenant d'un enjeu électoral concret dans une circonscription qu'il détient. Pour le Parti québécois, il s'agit d'un pari : convaincre l'électorat de Taschereau qu'un candidat sans attache locale, mais doté d'une notoriété nationale et d'une expérience parlementaire, peut représenter fidèlement leurs intérêts à l'Assemblée nationale. Ce qui reste à surveiller La suite de la campagne dira si ce pari porte fruit. L'épisode illustre déjà la lutte que se livrent le PQ et QS pour l'espace souverainiste et progressiste dans cette élection générale, de même que la confirmation à venir du candidat caquiste dans Taschereau.