Deux jours après le coup d'envoi officiel de la campagne électorale, un sondage Synopsis–La Presse publié le 28 août place la Coalition avenir Québec et le Parti québécois en égalité statistique, alors que la guerre commerciale avec les États-Unis s'impose comme la véritable question de l'urne à quatre jours de l'entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens. Une course resserrée dès le premier sondage Selon les données recueillies par la firme Synopsis pour *La Presse*, la Coalition avenir Québec (CAQ) récolte 27 % des intentions de vote, en hausse de sept points, tandis que le Parti québécois (PQ) recule légèrement à 28 %, un écart jugé statistiquement nul par les analystes compte tenu de la marge d'erreur. Il s'agit d'un renversement notable : le PQ de Paul St-Pierre Plamondon dominait les sondages depuis plusieurs mois, mais sa marge s'est considérablement effritée à l'approche du scrutin. Le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Charles Milliard, subit le recul le plus marqué de cette vague de sondage, chutant à 20 % après une perte de six points. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) d'Éric Duhaime se maintient à 14 %, tandis que Québec solidaire (QS), coporté par Ruba Ghazal et Sol Zanetti, reste stable à 10 %. La région du 450, la couronne suburbaine de Montréal, pourrait s'avérer déterminante dans la lutte entre la CAQ et le PQ, selon les données régionales du sondage. L'élection a été officiellement déclenchée le 27 août, lorsque la première ministre Christine Fréchette s'est rendue chez la lieutenante-gouverneure Manon Jeannotte pour faire dissoudre l'Assemblée nationale. La campagne s'étendra sur 39 jours, la durée maximale permise par la loi électorale, jusqu'au scrutin du 5 octobre. Le vote par anticipation se tiendra les 27 et 28 septembre, et trois débats des chefs sont prévus : à TVA le 15 septembre, sur les plateformes Crave et Noovo le 16, puis à Radio-Canada le 23. Trump, « principal adversaire » de la campagne Plus que jamais, un enjeu extérieur au Québec structure le débat électoral : les nouveaux tarifs douaniers imposés par l'administration américaine, entrés en vigueur le 22 août, et les contre-tarifs canadiens annoncés pour le 8 septembre. Christine Fréchette a fait de cette confrontation commerciale le cœur de sa campagne, allant jusqu'à déclarer que « le président Trump est mon principal adversaire ». Elle a résumé sa position en affirmant que « l'ancien monde ne reviendra pas » et que le Québec doit « s'adapter à cette nouvelle réalité », misant sur la stabilité de son gouvernement pour traverser ce qu'elle décrit comme une tempête venue du sud. Réagissant aux résultats du sondage, Mme Fréchette a dit ressentir « une effervescence » sur le terrain depuis le déclenchement de la campagne. Le Parti québécois répond à cette même crise par une proposition différente : l'indépendance. Paul St-Pierre Plamondon soutient qu'un Québec souverain serait mieux placé pour négocier directement avec Washington, citant l'exemple d'autres petits États qui entretiennent des relations diplomatiques et commerciales autonomes avec les États-Unis. Cette lecture de la crise commerciale comme argument en faveur de la souveraineté distingue l'offre péquiste de celle de la CAQ, qui défend le statu quo constitutionnel. Les autres formations proposent leurs propres réponses à cette même toile de fond économique. Le Parti libéral du Québec mise sur les craintes qu'un vote pour le PQ pourrait raviver le débat référendaire, un argument que le parti a déjà utilisé dans des campagnes précédentes; Charles Milliard a d'ailleurs averti les électeurs fédéralistes que « faire confiance à Fréchette serait une erreur » selon lui. Québec solidaire défend une option souverainiste teintée de social-démocratie, tandis que le Parti conservateur du Québec privilégie des solutions économiques locales plutôt qu'une approche fondée, selon lui, sur la peur. Milliard appelle à la prudence face aux chiffres Le recul de six points du PLQ dans ce sondage a suscité une réaction directe de son chef. Selon Radio-Canada, Charles Milliard a invité les militants et observateurs à « prendre une grande respiration » devant ce résultat, en insistant sur le fait qu'il reste plus de cinq semaines de campagne avant le scrutin du 5 octobre. Le motif exact de ce recul (perception de l'enjeu tarifaire, visibilité du chef, autre facteur) n'est pas établi avec certitude dans les sources disponibles à ce jour. Une campagne à deux vitesses Au-delà des chiffres du sondage, plusieurs observateurs notent que la dynamique de campagne pourrait autant se jouer sur la personnalité des chefs que sur les enjeux de fond, à mesure que les Québécois se familiarisent avec les visages de cette élection à cinq partis pour 127 sièges — une hausse de deux circonscriptions par rapport à la précédente carte électorale de 125 sièges. Au moment de la dissolution, la CAQ détenait 79 sièges, le PLQ 18, Québec solidaire 11, le PQ 7 et le PCQ 1, avec neuf députés indépendants. Ce qui reste à surveiller Avec un écart d'un point entre la CAQ et le PQ, et un Parti libéral en difficulté, les prochaines semaines de campagne — marquées par l'entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens le 8 septembre et la tenue des trois débats des chefs — s'annoncent déterminantes pour l'issue du scrutin du 5 octobre.
SONDAGES
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CAQ et PQ au coude-à-coude : la campagne québécoise s'ouvre sous le signe des tarifs américains
Un premier sondage Synopsis-La Presse depuis le déclenchement de la campagne place la CAQ (27 %) et le PQ (28 %) en égalité statistique, alors que la guerre commerciale avec les États-Unis domine le débat électoral.
28 août 2026·Équipe Le Québec Vote
Sources
- La Presse — Sondage Synopsis-La Presse | Surprise, la CAQ et le PQ au coude-à-coude
- La Presse — Sondage Synopsis-La Presse | « Je sens une effervescence », dit Fréchette
- La Presse — Sondage Synopsis-La Presse | Faire confiance à Fréchette serait une erreur, dit Milliard aux fédéralistes
- Radio-Canada — En difficulté selon un sondage, Milliard appelle à « prendre une grande respiration »
- La CAQ et le PQ à égalité dans les intentions de vote — 98,5 Montréal
- C'est officiel : les élections au Québec sont déclenchées — Narcity
- CP24 — Quebec election: Trade talks take centre stage
- Attaqués par Trump, les Québécois doivent choisir la CAQ, dit Fréchette — Le Devoir
- Élections québécoises | Un débat des chefs à TVA le 15 septembre — La Presse (juin 2026)
- Le député Sol Zanetti élu nouveau co-porte-parole de Québec solidaire — Radio-Canada
- Élections Québec 2026 | Dossier — Radio-Canada