Étiquette : Analyse Date de publication : 26 août 2026 Type : Analyse (analysis) Cet article constitue une analyse de la situation électorale à partir de plusieurs sondages et projections publiés récemment, et non le compte rendu d'un événement unique. Il doit être lu comme une mise en contexte, distincte d'une nouvelle factuelle. À 40 jours du scrutin du 5 octobre, le Parti québécois conserve la tête des intentions de vote dans la plupart des sondages récents, mais son avance s'effrite et l'électorat n'a jamais paru aussi volatil. Plusieurs enquêtes publiées au cours des deux dernières semaines montrent qu'une proportion considérable de Québécois n'a pas encore arrêté son choix, ouvrant la porte à des mouvements possibles une fois la campagne officiellement lancée. Une avance qui s'effrite Selon un sondage Léger réalisé pour Québecor et publié à la mi-août, le Parti québécois (PQ) recueille environ 30 % des intentions de vote, devant le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ), qui se disputent la deuxième place. Le sondage Synopsis–La Presse publié le 12 août dresse un portrait similaire : la remontée amorcée par la CAQ ces derniers mois « s'essouffle », tandis que le PQ demeure en tête sans toutefois dominer largement la course. Cette avance, bien réelle, s'est rétrécie depuis l'hiver. Une mise à jour du modèle de projection Qc125, publiée le 13 août par l'analyste Philippe J. Fournier, note que le PQ obtient entre 34 % et 37 % d'appuis chez les électeurs francophones selon les sondages les plus récents — un niveau qui reste dominant dans ce segment de l'électorat, mais nettement inférieur aux sommets atteints plus tôt dans le mandat du gouvernement. Il s'agit ici d'une projection statistique, à distinguer des résultats bruts d'un sondage individuel. Près d'un électeur sur deux encore indécis Le chiffre qui retient le plus l'attention cette semaine est celui de l'indécision. Selon les données Léger relayées à l'antenne de 98,5 FM, 49 % des électeurs québécois affirment pouvoir encore changer leur choix avant le jour du scrutin. Un sondage Léger–Québecor mené un peu plus tôt cet été allait dans le même sens : seulement 47 % des électeurs qui disent avoir déjà arrêté leur choix considèrent que celui-ci est définitif. Jean-Marc Léger, président de la maison de sondage Léger, a décrit cette situation comme « une sorte de brouillard, de flou, d'indécision » qui caractérise l'humeur de l'électorat à l'approche du vote. Un tel niveau de volatilité, à quelques semaines du déclenchement officiel de la campagne, laisse entrevoir une course qui pourrait encore basculer une fois que les partis auront présenté leurs plateformes complètes et que les débats des chefs auront eu lieu. Un vote fragmenté entre cinq partis Une partie de cette incertitude découle de la fragmentation du vote. Contrairement aux élections précédentes, marquées par une domination assez nette d'un seul parti, la course actuelle oppose cinq formations qui recueillent chacune entre 8 % et 30 % des intentions de vote : le PQ, le PLQ, la CAQ, le Parti conservateur du Québec (PCQ) et Québec solidaire (QS). Selon l'analyse de Qc125, cette division du vote « laisse planer une incertitude considérable sur la composition de la prochaine Assemblée nationale » — un scénario où le PQ pourrait former un gouvernement majoritaire même avec un score relativement modeste, si ses adversaires se partagent le reste de l'électorat de façon suffisamment égale. Il s'agit là d'un scénario de projection, pas d'une prédiction ferme du résultat électoral. Le paradoxe référendaire Autre élément notable de la dynamique actuelle : l'appui à la souveraineté du Québec, l'engagement central du programme péquiste, a reculé de façon marquée au cours des 18 derniers mois, se situant maintenant entre 28 % et 29 % selon les sondages d'août. Les analystes y voient un paradoxe électoral : l'engagement du PQ à tenir un référendum sur l'indépendance mobilise sa base électorale la plus fidèle, mais pourrait aussi freiner son élargissement auprès d'un électorat plus large qui n'appuie pas majoritairement cette option constitutionnelle. Ce paradoxe illustre la nature particulière de la campagne à venir : le parti en tête des intentions de vote doit composer avec un enjeu identitaire qui divise l'électorat, pendant que ses adversaires cherchent à convertir l'indécision ambiante en appuis pour leurs propres formations. Le contexte politique plus large Cette dynamique électorale s'inscrit dans un contexte politique qui a lui-même changé au cours de la dernière année, la Coalition avenir Québec ayant traversé une course à la direction qui a porté Christine Fréchette à la tête du parti et du gouvernement au printemps. Un sondage Léger–Québecor de juin notait par ailleurs un recul de la satisfaction envers le gouvernement, passée de 47 % en mai à 38 % en juin, pendant que le taux d'insatisfaction grimpait à 43 %. Ce chiffre provient d'une seule enquête et mériterait d'être recoupé par d'autres sondages avant d'être considéré comme une tendance confirmée. Avec le déclenchement de la campagne électorale qui approche, tous les partis intensifient déjà leurs activités préélectorales, qu'il s'agisse de l'annonce de nouvelles candidatures ou du lancement de publicités partisanes. La suite des prochaines semaines déterminera si cette avance péquiste, aussi fragile soit-elle actuellement, se maintient jusqu'au jour du vote. Limites de cette analyse Les sondages cités reposent sur des méthodologies distinctes (échantillonnage, marge d'erreur, période de collecte) qui ne sont pas toutes détaillées dans les sources disponibles. Les scénarios de majorité évoqués par Qc125 sont des projections probabilistes fondées sur un modèle statistique, et non des prédictions garanties du résultat du 5 octobre. Le lecteur est invité à considérer ces chiffres comme une photographie de l'opinion publique à un moment précis, susceptible d'évoluer d'ici le jour du vote.
SONDAGES
SONDAGES
À 40 jours du scrutin, près d'un électeur québécois sur deux dit pouvoir encore changer d'idée
À l'approche du déclenchement officiel de la campagne, les sondages Léger, Synopsis-La Presse et les projections Qc125 convergent : le PQ mène toujours, mais son avance s'effrite et près d'un électeur sur deux se dit encore susceptible de changer d'idée.
26 août 2026·Équipe Le Québec Vote
Sources
- Sondage Léger : « Une sorte de brouillard, de flou, d'indécision » — 98,5 FM
- Intentions de vote au Québec : le PQ reste en tête, mais rien n'est encore joué — Léger360
- La Presse — Sondage Synopsis-La Presse | La remontée de la CAQ s'essouffle, le PQ reste en tête
- Mise à jour Qc125 : une majorité sur le fil pour le PQ? (13 août 2026)
- Le paradoxe référendaire du Parti québécois — Qc125
- Un Québécois sur deux est encore indécis à deux mois des élections générales d'octobre — Le Devoir
- Christine Fréchette remporte la chefferie de la CAQ — Radio-Canada